Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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Planche soixante-septième. — jlchille traînant Hector
autour de Troie. Tableau de la galerie de Versailles;
par M. Callet.

Les plus vaillans des Grecs tombaient sous les
coups du redoutable Hector, lorsqu'Achille, irrité
contre Agamemnon , restait oisif dans sa tente.
Patrocle, son ami dès l'enfance, lui emprunta son
armure, et courut combattre les Troyens qui, le
prenant pour Achille même, s'enfuirent jusques sous
leurs murailles. Les Grecs respirèrent un moment ;
mais Patrocle fut reconnu, Hector l'attaqua, et bientôt
l'étendit à ses pieds. Achille, en apprenant l'issue
de ce combat, poussa des cris affreux, se roula
dans la poussière , et ne fit trêve à sa douleur que
pour satisfaire aux mânes de Patrocle. Il se réconcilie
avec Agamemnon, attaque , disperse les Troyens , et
venp'e sur Hector la mort de son ami. Mais, peu
content d'avoir ravi le jour au prince troyen, il
l'attache a son char, et trois fois il le traîne au-
tour des murs d'Ilion , à la vue de toute la fa-
mille de Priam désormais sans appui.

Ce sujet n'est pas tout-à-fait convenable à la pein-
luve : la poésie peut seule en rendre toutes les
beautés. Dans un tableau, Achille à cet instant ne
sera toujours qu'un vainqueur féroce, insultant au
cadavre de son ennemi; dans l'Iliade, c'est l'ami,
le vengeur de Patrocle qui commet celte action hor-
rible : Homère entoure Achille de tout ce qui peut
le faire excuser j et, le comble de l'art, c'est que*
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