Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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Planche soixante - neuvièine. — Henri IV et Sullyi
Tableau de la galerie de Versaillcs : par M. Vincent.

C'est un spectacle unique dans l'histoire, que l'amîtié
constante r!e Henri IVet de Sully. Si le. roi croyait avoir
affligé son ministre par quelque vivacités il n'était
point en repos qu'il ne lui en eût demandé pardon;
comme il le lui dit un jour : ei le ministre engageait son
roi à lui donner moins de preuves de faveur et même
d'attachement, pour que les envieux les laissassent
en paix opérer le bonheur du peuple. Tels furent
toujours ces deux hommes que la France n'a su appré-
cier qu'après les avoir perdus , et dont la postérité
aime à rapprocher les noms, malgré la distance qui
existe entre un grand monarque et un ministre si grand
qu'il soit. Tous les arts ont concouru à immortaliser
leur amitié; cent fois on a réuni, dans un même cadre4
les traits du prince et ceux du favori;et, malgré la beauté
du caractère de Mornay, Voltaire a fait un grand tort à
la Henriade , en le substituant au personnage de Sully
qu'on s'étonne toujours, en la lisant, de ne point voir
agir à côté de Henri IV. ■

Combien un artiste français doit éprouver de plaisir,
à peindre ces deux amis dont la célébrité est chère
même aux étrangers ! M. Vincent a su choisir un trait
qui rappelle à la fois la journée d'Ivry, l'une des plus
célèbres victoires de Henri IV, et la part que Sully prit
au gain de celle bataille : il eut deux chevaux tués
sous lui, et reçut deux fortes blessures.

Suivi des prisonniers qu'il a fai's, entouré d'une
garde nombreuse,le lendemain il se fait transporter, sur
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