Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

Seite: 142
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1805a/0217
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
C 142 )

an brancard, à sa (erre de Rosny. Henri IV, qui chassait
alors sur le coteau de Beurons , aperçoit Sully, vient à
sa rencontre, descend de cheval, et lui dit affectueuse-
ment : « mon bon ami que je vous embrasse de mes
a deux bras. Vous êtes brave et franc chevalier , etc. »
Et il l'embrasse à la vue de tous les seigneurs de sa suite.
Quand il se fut assuré , avec un vif intérêt, que les
blessures de Sully s'étaient point dangereuses , « il
« finit cet entretien si aimable , dit Sully, qui raconte
« le fait clans ses mémoires , par sa- protestation
« ordinaire , que je participerais à tous les biens que le
« ciel lui enverrait, et, sans me laisser le temps de lui
« répondre , il s'éloigna en me disan I : adieu mon ami,
« portez-vous bien , et soyez sûr que vous avez un bon
« maître. »

M. Vincent a rendu cette scène intéressante avec une
grande vérité. La figure de Henri IV a cette amabilité
franche qui seule eût dû lui gagner tous les cœurs.
La reconnaissance est fortement empreinte dans tous les
traits du grave Sully, et la physionomie des guerriers et
des seigneurs qui entourent les deux principaux person-
nages , a le caractère qui convient aux hommes de ces
temps de troubles et de révoltes ; enfin aucun des acces-
soires n'est inutile à l'intelligence du fait que représente
ce tableau, dont les figures sont de grandeur naturelle.
Quant au mérite de Pexécution, il suffira de dire qu'il
répond entièrement à celui de la pensée et à la beauté
du sujet.
loading ...