Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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Planche soixante-dixième. — Mort d'Alceste. Tableau
de la galerie de. Versailles ; par M. Peyron.

Admète, attaqué d'une maladie mortelle, eut recours
à Apollon qui, lorsque Jupiter l'exila des cieux, avait
trouvé un asile chez ce roi :1e Dieu, par reconnaissance,
trompa les Parques en faveur d'Admète, mais à la con-
dition que quelqu'un se dévouerait pour lui. Alceste fut
la victime qui s'offrit d'elle-même pour racheter les
jours de son époux.

M. Peyron a représenté l'instant delà mort de cette
princesse , de la manière la plus touchante : ainsi que
dans l'Alceste d'Euripide, elle entrevoit déjà la rive
infernale ; elle entend Caron qui lui ordonne de se
hâter ; ses yeux ont à peine la force de se tourner vers
l'époux qui lui doit la vie. Mais , à la sérénité de son
front, on peut voir qu'elle n'éprouve aucune souffrance
physique; le mouvement, l'expression d'Admète in-
diquent parfaitement la nature de cette mort. La femme
qui se détourne en présentant à Alceste son plus jeune
enfant, est d'une intention aussi heureuse que bien ren-
due: on en peut dire autant des deux femmes placées de
l'autre côté du lit, et de celle qu'on Voit à gauche du
tableau , plongée dans une morne douleur. Une statue
d'Hercule élevée dans le fond, rappelle au spectateur
que ce héros descendit aux enfers, d'où, malgré Pluton,
il retira Alceste qu'il rendit à son époux.

On ne peut donner trop d'éloges à l'effet général de
ce tableau d'une grande proportion : autant le dessin
est élégant et correct, autant la couleur est chaude et
harmonieuse, et les draperies bien ajustées.
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