Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 9.1805 [Cigognara Nr. 3401-9]

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Planche soixante-onzième. — Timoléon ; par M.
Taillasson.

Timoléon, retiré dans une campagne aux environs de
Syracuse, jouissait, au sein de sa famille , de la gloire
d'avoir délivré la Sicile de la tyrannie de Denis et de
celle des Carthagi nois. lies Syracusains reconnaissans
lui prodiguaient les plus grandes marques de vénération.
Lorsqu'un illustre étranger venait dans leur ville, ils
s'empressaient de le conduire à la maison du général
corinthien , alors vieux et aveugle. Aux éloges que les
étrangers donnaient à ses belles actions, il répondait
avec modestie et eu montrant le ciel: « Les Dieux vou-
<i laient délivrer la Sicile : je les remercie de m'avoir
« choisi pour instrument de leur volonté. »

Pour rendre ce sujet , M.' Taillasson montre un
jeune prince asiatique qui s'est fait conduire chez
Timoléon : ilest suivi de ses officiers, et s'incline devant
le grand homme qui ne peut le voir , mais qui reporte
aux Dieux les louanges qu'on lui adresse. Timoléon est
entouré de sa famille , et, sur la droite du tableau , on
voit d'autres étrangers qui s'empressent de lui venir
rendre hommage. L'Etna s'élève au dessus de l'hori-
son ; son sommet lance une épaisse fumée.

C'estsurtoutpar la justesse et la beauté de l'expression
que ce tableau est remarquable. Une touche pleine de
sentiment, un coloris harmonieux, une grande exacti-
tude dans les costumes, font voir combien M. Taillasson
est digne du rang distingué qu'il tient parmi les artistes-
de notre temps.

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