Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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piété profonde dans ce Pontife! Quelle douce ferveur,
quelle innocence dans ces deux Vierges ! Les deux Enfans
ont une naïveté inimitable. Le Vieillard offre une image
sublime de la résignation qu’inspire la foi. On doit remar-
quer avec quel art le Dominiquin, sans recourir à une
nature décrépite, a montré un Homme accablé par la
souffrance. La Femme, qui semble vouloir le défendre,
est du plus beau caractère.

Ainsi, dans cet ouvrage, tout justifie l’opinion du Pous-
sin qui disait du Dominiquin , qu’il était le seul peintre
qui, pour l’expression, approchât de Raphaël. Quelques
personnes ont été plus loin, et n’ont pas hésité à placer ,
pour cette partie, le Dominiquin immédiatement à côté
du peintre de la Transfiguration.

L’exécution du Dominiquin est quelquefois un peu ti-
mide. On peut lui reprocher aussi de n’avoir pas bien étu-
dié son effet général; la lumière, trop également répandue,
n’offre pas à l’œil un point sur lequel il puisse s’arrêter
d’abord. Mais par combien de beautés ces défauts ne sont-
ils pas rachetés ! Le dessin est toujours noble, toujours
savant; aucune forme qui ne soit celle qu’exigent le carac-
tère et l’âge du personnage ; aucun mouvement que n’ap-
prouve le goût.

La grande variété de ton qui règne dans ce tableau ne
fait qu’ajouter à la vérité du coloris qui est ferme et vigou-
reux dans le bas de la composition, brillant et léger dans
la partie supérieure.

Ce tableau, peint sur toile, a i5 pieds a pouces de haut,
sur 8 pieds 11 pouces. Les figures sont de grandeur natu-
relle. Lorsqu’il a été restauré, l’on a fait disparaître le
cintre; mais on a cru devoir le rétablir dans cette gra-
vure, la forme cintrée étant celle que le Dominiquin
avait adoptée.

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