Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche cinquième. — Sainte Famille, Tableau de la
galerie du Musée ; par Garofalo.

Cette Sainte Famille est l’une des plus agréables pro-
ductions de Garofalo. Les expressions ont une naïveté sin-
gulière. L’artiste a souvent traité le même sujet, mais ne
l’a pas toujours varié heureusement; dans cette petite com-
position , il a su donner à ses figures une intention qui ,
quoique très-simple, plaît parce qu’elle est gracieuse et
naturelle.

Plusieurs fois, en parlant des ouvrages de Garofalo, on
a eu lieu de faire observer l’élégance avec laquelle il drape
ses figures, la facilité de son pinceau et le bon goût de son
dessin : on retrouve ici ces différens genres de mérite;
mais on ne peut s’empêcher de reprocher à l’artiste une
certaine froideur de pensée et d’exécution. Ce tableau,
peint sur bois, a 16 pouces 6 lig. de haut, sur 12 de large.
Il vient de l’église de la Madona di galeria à Bologne.

On doit remarquer que dans presque toutes ses Saintes
Familles, Garofalo n’employe que les mêmes modèles.
Les traits de S. Joseph, de Sainte Anne, de la Vierge,
même ceux des Enfans ne varient jamais. Peut-être ce
peintre eut-il comme l’Albane le bonheur d’exercer son
art au sein d’une famille aimable qu’il chérissait, et ne
voyons-nous dans ces mêmes figures que le portrait de
ceux qui contribuèrent à sa félicité. Cette supposition pour-
rait s’accorder avec ce que l’on sait de son caractère : la
modestie est dans un homme la marque certaine des plus
belles qualités, et Garofalo était très-modeste, du moins
si l’on en juge par une anecdote peu connue et qui mérite
d’être rapportée.

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