Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche huitième. — Hercule entre le Vice et la Vertu.

Tableau de la galerie du Musée ; par Lairesse.

« Hercule étant devenu grand, sortit en un lieu à l’écart,
« pour penser à quel genre de vie il se donnerait: alors lui
« apparurent deux femmes de grande stature, dont l’une
u fort belle, qui était la Vertu, avait un visage majes-
té tueux et plein de dignité; l’autre, qu’on appelle la Mol-
lesse, était dans un grand embonpoint : ses regards libres
« et ses habits magnifiques la faisaient reconnaître. Cha-
« cune des deux tâcha de le gagner par ses promesses : il
« se détermina enfin à suivre la Vertu. »

A cette scène décrite par Xénophon, Lairesse a ajouté
deux figures accessoires : le caractère de la jeune fille placée
derrière la Vertu ne s’explique pas assez ; mais l’on devine
trop bien quel est celui de la vieille femme qui suit le Vice.

Le dessin de ce tableau est d’un assez bon goût ; mais la
couleur est lourde et monotone, et n’a pas le moelleux et la
variété qui distinguent ordinairement le pinceau de Lai-
resse.

Ce maître naquit à Liège en 1640. Son père, quoique
peintre,le destina à la carrière des lettres; mais,entraîné
par un penchant naturel, Gérard Lairesse se livra à la
peinture : son père et Bertholet cultivèrent ses dispositions.
La poésie et la musique ne cessèrent pourtant pas d’occu-
per ses loisirs. Son extérieur était désagréable, il n’en plut
pas moins aux femmes, et son inconstance l’exposa une
fois à perdre la vie de la main d’une maîtresse irritée. Pour
mettre un frein à ses passions , il se maria, mais il n’en
devint pas plus raisonnable, et dissipa en vaines prodiga-
lités tout l’argent que lui rapportaient ses ouvrages. Cette
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