Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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inconduite lui fit éprouver des momens de la plus affreuse
détresse, et il se vit une fois réduit à peindre des enseignes»
Enfin un de ses tableaux fixa l’attention d’un riche Hol-
landais qui l’emmena à Amsterdam où sa réputation de-
vint bientôt si grande que ses ouvrages n’eurent de prix
que celui qu’il voulut y mettre. De si brillans avantages
ne firent qu’augmenter l’empire que les passions avaient
sur lui : des excès honteux, sans nuire à ses talens, mirent
de bonne heure un terme à ses travaux ; à 5o ans il fut
privé de la vue. Forcé d’abandonner ses pinceaux, il n’eut
d’autre consolation que les momens qu'il passait à dicter à
ses enfans et à ses élèves les pensées que lui fournissaient
ses études sur l’art auquel il devait sa célébrité. Ses pré-
ceptes , recueillis en deux volumes, peuvent encore être
utiles aux artistes.

Lairesse mourut à Amsterdam en 1711, âgé de 71 ans.
Il ne vit jamais l’Italie ni la France.

Il fut surnommé le Poussin hollandais. Ce n’est pas
qu’on trouve dans ses ouvrages le goût pur, la sagesse et la
profondeur qui distinguent éminemment le maître fran-
çais ; mais s’étant plu à l’étudier sur les gravures qu’il se
procura, il l’imita pour la richesse des fonds, eut comme
lui des idées abondantes et poétiques, et s’attacha à la vé-
rité des expressions.

Ses sujets sont ordinairement bien choisis; il y a de
l’élégance dans ses draperies , et beaucoup d’exactitude
dans ses costumes. Sa couleur est riche et vraie, sa touche
légère et solide ; mais il n’a pas toujours assez de noblesse
et ne peut entièrement faire oublier lecole à laquelle il
appartient.

Lairesse a beaucoup gravé, et Pietre Testa est le maîtrfe
qu’il se proposa dans ce genre*
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