Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche dixième.—Sainte Catherine ; par M. Berthélemy»

Sainte Catherine était, dit-on, d’Alexandrie, et née
d’une famille illustre. Quoique élevée au milieu des su-
perstitions payennes, dès l’âge le plus tendre elle se laissa
toucher par les vérités du christianisme, et abandonna pu-
bliquement le culte des idoles. Lors des persécutions que
les Chrétiens essuyèrent sous le règne de Dioclétien et de
Maximin, l’un de ces deux empereurs vint à Alexandrie,
et il voulut faire interroger Catherine par un grand nom-
bre de philosophes payens qui essayèrent en vain de dé-
truire la force des préceptes qu’elle leur fit connaître, en
bravant le supplice dont elle était menacée. Plusieurs de
ses juges furent même convertis ; et l’Empereur, craignant
l’empire des vertus de cette jeune fille, résolut de la faire
périr. Elle subit son sort avec une courageuse résignation
qui toucha le cœur de ses bourreaux eux-mêmes.

L’histoire de Sainte Catherine a été révoquée en doute
par plus d’un savant théologien. On prétend que le corps
d’une femme, préservé de toute corruption, fut découvert
au Mont Sinaï, et que les Chrétiens qui habitaient le
pays lui donnèrent le nom de Catherine qui signifie pur:
ce nom ne passa de la légende des Grecs dans celle des
Latins que vers le onzième siècle.

Le fameux Launoy, docteur en Sorbonne, surnommé
le Dénicheur de Saints, par rapport à la recherche qu’il
fit des erreurs contenues dans la Légende, et de qui le curé
de S. Roch disait : « J’ai grand soin de lui faire de pro-
« fondes révérences, de peur qu’il ne m’ôte mon S. Roch. <<
Launoy avait rayé Catherine de son calendrier, et le jour
de la fête de cette Sainte , il ne manquait jamais de dire
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