Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche dix-huitième. — UHermite endorfni. Tableau
de la galerie du Luxembourg; par M. Vien.

Le sommeil a surpris cet Hermite, lorsque par les
charmes de la musique il se délassait de ses méditations
pieuses.

Une tête de mort, des livres, une écritoire, des racines,
des fruits et quelques ustensiles grossiers, tels sont les
accessoires dont M. Vien s’est plu à entourer cette figure
que le hasard lui donna l’occasion de peindre dans cette
attitude. Voici comme on rapporte l’anecdote :

M. Vien, alors pensionnaire de l’école de Erance à
Rome , avait en 1760 pris un vieil Hermite pour mo-
dèle, et était occupé à peindre un pied d’après le Céno-
bite : celui-ci, ennuyé de la contrainte qu’il éprouvait
et déjà disposé au sommeil par un déjeuner copieux,
essaya en vain de se distraire en jouant quelques airs sur
son violon ; il finit par s’endormir profondément.

M. Vien trouva piquant de saisir son attitude et de le
peindre dans cet état d’assoupissement. L’ouvrage, ébau-
ché à la hâte, fut terminé en huit jours. Exposé à côté des
nombreux chef-d’œuvres que Rome renfermait alors , il
obtint les éloges de tous les connaisseurs, et l’ordonnateur
des bâtimens en fit faire l’acquisition pour la collection
du roi. Placé maintenant auprès des plus belles produc-
tions de Rubens et de Le Sueur, il ne cesse d’attirer l’at-
tention des artistes et des hommes de goût.

L’attitude de l’Hermite est naïve ; il dort avec une par-
faite tranquillité ; son violon échappe de sa main que le
sommeil fait entr’ouvrir.

Le sentiment de la nature se retrouve dans toutes les
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