Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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le besoin d’en avoir un plus instruit, et, sans aucune res-
source , hasarda de faire le voyage de Rome où il eut
d’abord beaucoup de peine à assurer son existence. Des pe-
tits tableaux d’un fini précieux lui procurèrent les moyens
de se rendre à Venise, et il y connut le Tintoret alors au
terme de sa carrière. Les ouvrages de ce grand maître
furent l’objet de ses réflexions et lui firent changer de ma-
nière. Ce qu’il y a de singulier, c’est que cherchant la
grâce, il ait choisi le Tintoret pour guide. Il s’en écarta
pourtant quelquefois , et imita Palme le jeune avec qui
il s’était lié, et tenta même de peindre dans le goût du
Parmesan. Ses talens ne furent pas méconnus à Venise,
çt il trouva beaucoup d’occasions de les faire valoir. Quoi-
que marié dans cette ville, il la quitta pour se rendre à
Augsbourg où la considération dont il jouissait lui eût
procuré une existence heureuse , si le goût des folles dé-
penses ne lui eût fait prodiguer et le prix de ses ouvrages
et les bienfaits dont l’empereur Rodolphe II, le duc de
Mantoue et plusieurs princes le comblèrent. Il mourut,
à peine âgé de 40 ans.

Cet artiste ne put jamais se débarrasser du mauvais
goût de l’école allemande. Il ne manque pas de noblesse
dans ses airs de tête; mais, en voulant être gracieux, il
paraît souvent maniéré. Comme il ne savait pas peindre
le paysage, celui qui se trouve dans S63 tableaux est ordi-
nairement peint par Breughel de Velours ou par Paul
Briî.

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