Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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vraie d’une nature vigoureuse. Les formes des Anges ne
sont pas assez idéales. Le Bourreau , qui s’apprête à frap-
per les Martyrs , est bien posé ; mais les jambes des
deux Ligures placées auprès de lui , se croisent avec les
siennes de manière à produire de la confusion. Le Soldat
qui fait rougir des pinces est admirable par la vérité de
son attitude. Les deux Saints, et particulièrement celui
qui est sur le devant, sont dessinés avec beaucoup d’é-
nergie. Sous le rapport du coloris, il n’est aucune partie
de cet ouvrage qui ne soit digne des plus grands éloges. La
touche est partout large, solide et moelleuse; partout on
voit que la nature a été consultée , et toujours elle est for-
tement sentie. L’effet, sans être brillant, est lumineux,
d’une belle harmonie, et les teintes n’ont pas la pesanteur
qu’on remarque quelquefois dans les productions du même
maître. Enfin, on peut assurer que ce tableau n’est point
admiré autant qu’il devrait l’être par les Français qui
peuvent l’opposer avec orgueil aux chef-d’œuvres étran-
gers les plus renommés pour la beauté de leur exécution.

Les figures sont de grandeur naturelle.
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