Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche trente-troisième. — La Résurrection de Jésus-

Christ. Tableau de la galerie du Musée ; par Annibal

Carache.

Annibal Carache mettait rarement son nom sur ses
tableaux ; l’on doit par conséquent bien augurer de ceux
où il se trouve. Dans celui-ci, sur un côté du sépulcre, on lit
cette inscription: Annibal Caractius pingebat m. d. xciii*
Il avait 33 ans, lorsqu’il produisit ce chef-d’œuvre qui
rappelle quelques circonstances de sa vie. Son frère Au-
gustin et lui ne pouvaient vivre ensemble dans une par-
faite union, et se regrettaient mutuellement lorsqu’ils étaient
éloignés. Se rapprochaient-ils ? leurs démêlés recommen-
çaient avec plus de force. Tant qu’ils furent sous les yeux
de Louis , celui-ci, par sa douceur, calma leurs humeurs
opposées; mais il ne put empêcher que les succès de l’un
ne fissent naître la jalousie de l’autre: heureusement cette
rivalité tourna au profit de leur art. Augustin ayant aug-
menté sa réputation par des peintures faites à Bologne,
dans le palais Magnani, Annibal, excité par le désir de
le surpasser, abandonna la manière expéditive et incor-
recte qu’il avait suivie jusqu’alors ; et, pour n’avoir plus
de rival à craindre, il chercha à se faire, par la gran-
deur et la correction du stylé, un caractère inimitable
qui le plaçât au premier rang. Le tableau de S. Luc et de
la Vierge (volume 2, des Annales, page 91 ) marque le
premier pas qu’il fit dans cette route nouvelle. La Résur-
rection vint après, et ce tableau est sans contredit l’un des
meilleurs de ce maître , quoiqu’on y reconnaisse un peu
l’incertitude d’un homme qui cherche encore les moyens
de mieux faire*

iî.

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