Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

Seite: 72
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1806/0114
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
.( I2- )

Si on le considère sous le rapport de la composition, il
pourra ne pas satisfaire entièrement : le Christ ressuscité
devrait avoir des formes plus idéales ; l’effet que produi-
rait cette figure est diminué par la trop grande propor-
tion des deux Anges qui l’avoisinent le plus. Mais les
Soldats sont tous très-bien posés et dans des attitudes
naturelles et pittoresques. C’est une idée heureuse que
celle d’avoir placé un Soldat endormi sur le sépulcre ;
pour sortir de la tombe, le Christ n’a pas eu besoin de
soulever la pierre qui la couvrait ; il suffisait du Soldat
pour le faire voir, et le scellé posé sur cette pierre est
un accessoire inutile.

Sans relever l’inexactitude du costume, on peut néan-
moins y trouver à reprendre sous le rapport de l’art ;
quoique les armures soient parfaitement peintes, cette
grande quantité de fer donne un ton gris au tableau qui
d’ailleurs devrait être plus lumineux, si l’on en juge par
l’élévation du soleil sur l’horizon. Annibal a si bien senti
ce défaut, que dans un petit tableau qui n’est qu’une répé-
tition de celùi-ci, il a répandu beaucoup plus de jour et
cl’éclat. On pourrait même dire que cet autre ouvrage, qui
n’a pas plus de 15 pouces de hauteur, offre un fini plus par-
fait que celui de la grande composition ; elle réunit pour-
tant , à un dessin correct et vrai, une touche moelleuse et
savante.

Ce tableau, dont les figures sont de proportion demi-na-
ture, se voyait dans l’église du Corpus Domini de Bologne :
il ne valut à son auteur que quelques mesures de grain et
de vin.
loading ...