Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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« prodiges, « a dit M. le maréchal Berthier , dans l’éloge
funèbre qu’il prononça, le 3o prairial an i3, à l’hospice
du Mont Saint-Bernard ; « elle peindra Desaix traversant
« des pays inondés ou des déserts arides, s’avançant en-
« vironné, harcelé de tous côtés par l’ennemi, livré à la
faim, à la soif, à toutes les privations ; campant sur des
« sables brûlants ; gagnant chaque jour une victoire, et
n donnant à chaque victoire, à l’ennemi vaincu, le bien-
<< fait d’une institution nouvelle; conquérant par la force
« et civilisant par la douceur , etc. »

On sait que les Noirs de Darfour, touchés de sa dou-
ceur et de son équité, lui donnaient le surnom de Sultan
juste. Desaix signa le traité d’El-Arich avec les Turcs et
les Anglais; mais ces derniers le firent prisonnier, lorsque
sur la foi des stipulations il revenait dans sa patrie. Après
avoir essuyé des traitemens barbares de leur part, il fut
enfin rendu à la France, et courut rejoindre l’armée de
réserve qui enveloppait Mêlas en Italie. Il arriva au
quartier général trois jours avant la bataille deMarengo,
et c’est à cette mémorable journée que chargeant à la tête
de sa division , il fut atteint d’une balle et expira en pro-
nonçant des paroles qui sont le plus beau trait de cette noble
modestie qui le caractérisa toujours.

Il n’avait pas encore 3s ans accomplis.
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