Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche quarante-deuxième.— Vénus de Médicis. Statue
en marbre de la galerie du Musée.

On ne peut que répéter ce qui a été dit mille fois sur
cette statue célèbre, et ce que tout le monde sait; elle est
en marbre de Paros, a 4 pieds 8 pouces de haut, et offre
les proportions les plus exactes et les plus gracieuses à la
fois. Les Amours placés auprès d’elle ne sont point là pour
désigner la Déesse de la Beauté; ses attraits suffisent pour
la faire reconnaitre : elle ne peut être prise pour une sim-
ple mortelle. C’est à cette figure qu’on devait donner le
nom de Vénus Pudique, et c’est sur son autel que Socrate
eût voulu sacrifier aux Grâces.

Différentes parties de cette figure sont des restaurations
modernes, entre autres la pointe du menton à gauche de
la fossette, le bout du nez, le bras droit et l’avant-bras
gauche. "Winckelman se moque avec raison de plusieurs
détracteurs des ouvrages antiques qui, ne sachant pas
que les bras avaient été restaurés, entreprirent de criti-
quer les défauts qu’ils trouvaient dans les mains , et pri-
rent occasion de ces défauts pour attaquer le goût des
anciens. Le même Antiquaire observe que le nombril de
cette figure est trop profond, et que la fossette du men-
ton est plutôt un agrément de fantaisie qu’une beauté
réelle.

On ne sait pas quel est le lieu ou ce reste précieux de
l’antiquité fut retrouvé. La Vénus fit longtemps à Rome
l’ornement du Palais de Médicis dont elle prit le nom , et
ce n’est que dans le courant du dix-septième siècle qu’on
la transporta à Florence. Enfin, en l’an n, elle fut réunie
aux chef-d’œuvres que la Victoire a rassemblés dans le
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