Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche quarante-cinquième. — S. Luc peint la Vierge.

Tableau de la galerie du Musée; par Luca Giordano.

Cette composition est riante et poétique : les deux Anges
qui préparent les couleurs offrent une intention agréable,
et la figure de la Vierge est posée avec assez de grâce et
de naïveté. Mais S. Luc devrait regarder son modèle, au
lieu de se tourner du côté du spectateur ; son attitude
affectée blesse le goût et la vérité.

Le dessin de ce tableau , dont les figures sont de gran-
deur naturelle , est peu correct et sans énergie. Le coloris
manque de transparence , et les figures n’ont de saillie
qu’aux dépens du fond qui est totalement sacrifié.

On remarque , dans cet ouvrage, la liberté du pinceau
qui distingue presque toutes les productions de l’art vers
sa decadence; en effet , Giordano contribua, malgré sa
grande habileté, à faire dégénérer la peinture, en adop-
tant un goût trop peu sévère , et surtout en négligeant de
consulter la nature.

Luca G iordano, qu’on nomme en France Luc Jordane,
naquit à Naples en i632. De l’école de son père, qui
n’etait qu’un peintre médiocre, il passa dans celle de
l’Espagnolet où il resta neuf ans, et qu’il ne quitta que
pour parcourir les différentes provinces de l’Italie. Le
désir de voir les chef-d’œuvres de Borne le conduisit
d’abord dans cette ville où il connut Pietre de Cortone
dont la manière le séduisit. La vue ues ouvrages de
Paul Véronèse, qu’il ada étudier à Venise, acheva de
développer ses taiens. Après avoir séjourné à Florence, il
retourna à Naples où il se maria. Il s’y fit, en peu de
temps, une telle réputation qu’il était le seul peintre que
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