Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

Seite: 96
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1806/0149
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 96 )

l’on voulût employer : malheureusement il crut devoir
satisfaire aux nombreuses demandes qui lui furent faites,
et, se débarrassant de toutes les entraves de l’art, il se fit
une manière expéditive qui lui mérita le surnom de Fa-
Presto ; surnom qui fait plus d’honneur à son activité
qu’à son jugement. Il ne faudrait pourtant pas croire que
son esprit fût sans culture ; il avait de l’élévation et de
la fécondité dans les idées ; mais le désir de produire un
grand nombre d’ouvrages l’empêcha souvent de les mé-
diter. On y trouve quelquefois, ou des défauts qu’aucune
grande beauté ne rachète, ou une indécision et une mo-
notonie fatigantes. Giordano n’en eut pas moins pour lui
la voix de la multitude contre laquelle s’élevèrent en vain
les véritables connaisseurs. Appelé à Madrid par Char-
les II, il y reçut des honneurs extraordinaires, et le Roi,
qui l’embrassa plusieurs fois, le fit couvrir devant lui.

'Quoique Giordano eût alors plus de 60 ans, les immenses
travaux de l’Escurial qui lui furent confiés , ainsi qu’un
grand nombre d’autres morceaux considérables, ne furent
pour lui que l’ouvrage de dix années. Comblé des bien-
faits de Charles II et de Philippe Y, son successeur,
Giordano retourna dans sa patrie où il fit encore, pen-
dant quelque temps , l’admiration de ses concitoyens; il
termina enfin son heureuse carrière en 1705, à lage de
73 ans.
loading ...