Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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un beau choix d’ajustement se fait remarquer dans les
draperies ; et les fonds d’architecture sont d’une richesse
et d’une pureté de goût que le Poussin n’a pas portées à
un plus haut degré dans ses autres productions. Ce que
les artistes ne sauraient trop étudier, c’est l’ordonnance
générale de la composition, la disposition savante des
figures et leurs attitudes à la fois simples et variées. On
ne peut reprendre que celle de l’Apôtre placé derrière
S. Pierre ; ses mains levées, dont l’une indique le ciel, ne
présentent qu’une intention commune et inutile à l’expli-
cation du sujet. La Pemmequi emporte son enfant effrayé
est l’une des plus belles figures d’étude du Poussin; elle
n’est pourtant pas supérieure à celle de Saphire dessinée
avec une grâce et une correction qui se découvrent
aux yeux même les moins exercés. Il faut convenir qu’en
voulant donner à cette figure la couleur livide de la mort,
l’artiste s’est trompé et lui a donné le ton de la pierre, ce
qui semblerait justifier l’opinion de ceux qui ont repro-
ché à ce peintre sublime d’avoir trop négligé la nature
pour l’étude de l’antique, au point d’avoir souvent intro-
duit dans ses ouvrages la ressemblance de différentes
statues grecques.

Le ton général de ce tableau est harmonieux sans être
brillant ; la lumière y est i’épanaue également, et l’air
circule partout. S’il y avait un peu plus de finesse dans
le coloris des chairs, on pourrait regarder cet ouvrage
comme parfait.
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