Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche cinquante-unième. — Julien. Statue en marbre
du Musée.

Julien, surnommé l’Apostat, naquit à Constantinople,
l’an 33i : il était neveu de Constantin-le-Grand. Lorsque
les enfans de cet empereur massacrèrent la famille de
Julien, il fut épargné ainsi que son frère Gallus. Une
éducation d’abord bien dirigée servit son lieureux natu-
rel, et, sous le simple habit de moine, loin des vices de
la cour, il étudia dans Athènes les lettres et les sciences.
Les ouvrages qui nous restent de lui sont la preuve des
progrès qu’il fit. Malheureusement la fréquentation des.
Sophistes , et la gêne que lui imposait la tyrannie de
l’empei'eur Constance, son cousin, lui firent prendre en
aversion la religion chrétienne, et chercher dans les
superstitions du Paganisme de quoi nourrir son esprit na-
turellement inquiet. Constance le nomma César en 355, et,
ne lui croyant pas des talens qui pussent le rendre redou-
table, le plaça à la tête des armées chargées de réprimer
les incursions que les Barbares faisaient dans la Gaule. Il
déploya, sur ce théâtre nouveau pour lui, une prudence
et une valeur qui le placèrent au dessus des capitaines de
son temps. Sa gloire effraya Constance qui, voulant s’en
défaire , tenta d’affaiblir son armée ; mais les soldats,
que Julien avait gagnés par sa douceur, se révoltèrent et
le proclamèrent empereur, malgré son opposition appa-
rente. Constance irrité mourut en faisant des préparatifs
de vengeance; Julien apprit cette nouvelle à Paris, ville
qu’il habitait par préférence, qu’il avait embellie, élevée
au rang de capitale, et qu’il appelait sa chère Lutèce;
sur le champ il se rendit à Constantinople, et les corn-

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il.
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