Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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mencemens de son règne furent marqués par beaucoup
d’actes de clémence et de sagesse. Il soulagea les peuples,
réforma la maison impériale, et donna l’exemple des
vertus les plus austères. Mais, par un travers inconce-
vable, il voulut rétablir le culte avili des Payens sur les
débris du Christianisme dont il semblait tenir ses plus
belles qualités. Sans être persécuteur, il donna lieu aux
persécutions, et mérita ainsi, en grande partie, le blâme
dont les Chrétiens couvrirent sa mémoire. Le désir de
venger l’empire des insultes des Perses lui fit porter ses
armes dans leur pays où il obtint des succès assez im-
portans; mais, blessé dans un combat en 363, il mourut
à l’age de 3a ans. Ses dernières paroles lui furent inspi-
rées par la philosophie et la résignation.

La ressemblance de cet homme extraordinaire se re-
trouve parfaitement dans la tête de cette statue, comme
les antiquaires l’ont vérifié d’après plusieurs médailles.
On pense que les habitans de Paris, par reconnaissance
des bienfaits que Julien avait répandus sur eux, char-
gèrent quelque sculpteur grec d’exécuter cet ouvrage.
Cette figure, en marbre grec, a 5 pieds io pouces. Elle
fut longtemps ignorée ; on apprit enfin quelle existait
dans l’atelier d’un marbrier qui n’en connaissait pas l’im-
portance ; aussitôt le gouvernement en fit faire l’acquisi-
tion pour le Musée où elle est placée dans la salle des
Empereurs.
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