Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche cinquante-septième. — Corésus et Callirhoé.

Tableau de la galerie de Versailles ; par M. Lragonard.

Corésus, grand-prêtre de Bacchus, devint éperdument
amoureux de la belle Callirhoé, jeune fille qui habitait
Calydon, ville d’Etolie, célèbre par le sanglier que tua
Méléagre. L’amour de Corésus n’excita que les dédains
de Callirhoé , et, pour se venger d’elle, ce grand-prêtre
invoqua le pouvoir du Dieu qu’il servait. Bacchus, sen-
sible à sa prière, plongea les Calydoniens dans une
ivresse qui les livrait aux plus furieux transports. On
recourut aux oracles, et ils répondirent qu’il fallait im-
moler Callirhoé, parce que le sang de cette fille orgueil-
leuse pouvait seul apaiser le courroux céleste et sauver
Calydon. Le front orné de fleurs, et richement parée,
elle fut amenée à l’autel de Bacchus où l’attendait Corésus
pour l’immoler; mais, au milieu de cette cérémonie
pompeuse et lugubre à la fois, lorsqu’il se disposait à
frapper la victime, son courage et le désir de la ven-
geance abandonnèrent cet amant dédaigné : ne se sentant
point la force d’exercer son affreux ministère, il tourna
alors le glaive sacré contre lui-même, et se sacrifia au
Dieu qui avait exaucé ses vœux imprudens.

Callirhoé , touchée trop tard de tant d’amour et d’une
si triste destinée, voulut apaiser l’ombre de Corésus, et
s’arracha la vie auprès d’une fontaine à laquelle elle
donna son nom.

Dans le tableau de M. Lragonard père, on voit Cal-
lirhoé évanouie ; son sein découvert semble s’offrir aux
coups du Sacrificateur ; des Prêtres et de jeunes Acolytes
l’entourent; plusieurs Femmes se détournent ou baissent

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il.
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