Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche.cinquante-neuvième, — La Déposition de croix.

Tableau de la galerie du Musée; par André del Sarte.

Ces huit figures, d'une proportion un peu au dessous
de la nature, sont groupées, ajustées et posées avec beau-
coup d’art et d’esprit ; le dessin est grand et correct ; les
expressions sont nobles, mais peu énergiques : on recon-
naît à cela le goût pur d’André del Sarte qui sans doute
craignant de faire grimacer ses têtes, n’a pas voulu rendre
la douleur dans toute sa force. La couleur de ce tableau
est harmonieuse, et la touche est partout d’une légèreté
admirable.

André del Sarte a souvent mérité un reproche qu’on
pourrait lui faire encore en examinant cette composi-
tion : il donnait le même caractère de tête à presque
toutes ses figures de femmes et quelquefois même à
celles de jeunes hommes. On dit que l’amour excessif
qu’il ressentit toujours pour sa femme le fit tomber dans
ce défaut; c’est en vain qu’il variait ses modèles, il était
tellement préoccupé de sa passion que les traits de cette
femme venaient sans cesse se placer sur sa toile;et il était
très-étonné lorsqu’on l’en faisait apercevoir. Un amour
aussi vif ne fut pas payé de retour. Son épouse, après
avoir été cause de ses malheurs , en lui faisant pro-
diguer les sommes que François I.er lui avait confiées,
finit par l’abandonner lorsqu’il éprouva la misère, et
lorsque délaissé de tous ses amis, ce malheureux artiste
expirait, frappé de la peste, dans un grabat obscur.

Le tableau de la Déposition de croix vient du Palais
Pitti. Il est sur bois, et a été peint pour un couvent de
religieuses, situé près de Florence.

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