Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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109 ans ; sa longue carrière est une preuve de l’efficacité de
ses préceptes.

On a conservé de lui plusieurs ouvrages très-estimés et
qui forment un corps de doctrine : mais il n’est pas certain
que tous ceux qu’on lui attribue soyent effectivement de
lui. Quelques partisans des paradoxes historiques ont été
jusqu’à nier son existence et à le regarder comme un per-
sonnage imaginaire sous le nom duquel l’on s’était plu à
réunir les principaux monumens de l’art médicinal
chez les Grecs.

Le trait qui honore le plus la mémoire d’Hippocrate est
celui qui a fourni le sujet du tableau de M. Girodet: une
peste cruelle ravageait la Perse; des envoyés de la cour du
Grand Roi vinrent supplier Hippocrate de se transporter
dan3 leur pays pour mettre un terme à cette calamité;
mais il avait prévu par le cours des vents que la Grèce au-
rait dans peu à souffrir du même fléau, et, malgré les pré-
sens et les dignités qu’on lui offrit au nom d’Artaxercès, il
refusa de consacrer aux ennemis de la Grèce les talens
que réclamait sa pairie.

Le tableau de M. Girodet est l’un des plus beaux de
l’école moderne ; il le peignit à Rome, et l’exposa au Salon
il y a plusieurs années. La variété, la justesse des expres-
sions, l’exactitude des costumes, le bel arrangement des
draperies;la sage disposition des groupes et de l’ensemble,
tout, dans cet ouvrage, mérite les plus grands éloges. Ce
qu’il faut particulièrement admirer, c’est l’effet que l’ar-
tiste a su tirer des robes blanches des Envoyés Perses : cet
effet, à la fois naturel et piquant, prouve une entente par-
faite de la couleur; aussi ce chef-d’œuvre ne fait-il pas
moins d’honneur à l’école moderne, sous le rapport du
coloris que sous celui du dessin.
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