Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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îà prêter une idée à ce peintre philosophe; une seule figure
de ce cai'actère ne peut se trouver au milieu de ces scènes
riantes par un simple caprice de l’artiste. Toutes les autres
figures sont dessinées avec une grâce charmante et dans le
goût le plus pur. Enfin l’étude de l’antique se remarque
dans chaque partie de cette composition,et rappelle diffé-
rens passages des Discours de Reynolds.

« Les ouvrages d’aucun artiste moderne n’ont autant
l’air antique que ceux du Poussin. Ce sont les fables an-
ciennes qui paraissent avoir été ses sujets favoris,et aucun
peintre n’a jamais été plus en état que lui de les bien trai-
ter; non-seulement parce qu’il était parfaitement instruit
des cérémonies, coutumes et usages des anciens,mais en-
core parce qu’il connaissait à merveille les différens ca-
ractères qu’ont donnés à leurs figures allégoriques, ceux
qui les inventèrent. Quoique Rubens ait montré beau-
coup d’esprit dans la manière dont il a représenté les Sa-
tyres , les Silènes et les Eaunes, ils ne forment néanmoins
pas chez lui ces classes distinctes et séparées d’êtres si
soigneusement indiqués par les anciens et par le Poussin.
Il semble que ce dernier a pensé que le style et le langage
dans lesquels de semblables histoires sont racontées ne
perdent rien à conserver quelque chose de l’ancienne ma-
nière de peindre, qui paraît avoir consisté à donner une
uniformité générale au tout ; de façon que l’esprit était
transporté dans l’antiquité, non-seulement par le sujet
même, mais encore par la manière dont il était exé-
cuté. » ( Cinquième Discours prononcé à VAcadémie
royale de Peinture de Londres ).
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