Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 11.1806 [Cicognara Nr. 3401-11]

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Planche soixante-dixième. — Ecce Homo. Tableau de la
galerie du Musée; par Mignard.

La tête de ce Christ manque de l’idéal qu’on ne peut
négliger de donner à un Dieu ; et l’expression, quoique
profonde, n’est pas celle de la résignation que montra tou-
jours le Sauveur.

Le dessin de cet ouvrage est plus facile que savant ; le
torse, faiblement modelé , n’est pas d’un coloris assez
vigoureux. Mais le bras droit est d’une belle touche, ainsi
que la draperie qui est aussi bien ajustée que les tons en
sont bien entendus.

Ce tableau, dont la figure est de grande proportion, fai-
sait partie de la collection des rois de France.

Il existe sur Mignard une anecdote peu connue et qui
mérite d’être rapportée.

Marguerite de Médicis, duchesse douairière de Parme,
venait de perdre son époux, lorsqu’elle apprit l’arrivée
de Mignard à Parme : l’artiste français reçut un ordre de
se rendre au palais ducal, et fut introduit dans un vaste
appartement où tout était tendu en noir ; nulle fenêtre ne
donnait entrée au jour; chaque salle n’était éclairée que
par une seule bougie jaune, dont la lumière lugubre ré-
pandait une sombre horreur. Il parvint enfin à la chambre
de la Duchesse; deux hommes, en long manteau noir, en
ouvrirent la porte dans un profond silence. Voyant la sur-
prise que Mignard éprouvait, la Princesse se hâta de lui
dire : « Je vous fais un honneur singulier ; mon veuvage
h ne me permet de voir que des princes de ma maison;
« mais la curiosité que votre nom m’inspire m’a fait ou-
h blier en votre faveur la sévérité de l’étiquette. » Elle lui
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