Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche cinquième. — Sujet allégorique relatif à la

France, Tableau de la galerie du Musée jpar Sébastien

Ricci.

Ce tableau est peu connu; il fait pourtant époque dans
les fastes de l’Académie de peinture. Ricci, passant à Paris
en 1718 , se présenta à cette Société , et ce tableau est son
morceau de réception. Un Italien, qui rendait alors hom-
mage aux artistes français, semblait déroger, pour ainsi
dire, aux préjugés de son pays où l’on ne rendait, et où
l’on ne rend peut-être encore justice qu’aux artistes italiens.
Ricci ne se contenta pas de flatter les Français par celte dé-
marche, il voulut élever un monument à la gloire de la
France dans cette production de son pinceau.

Louis XIV n’était plus ; mais, malgré la fin désas-
treuse de son règne et l’influence plus désastreuse encore
de la régence, toutes les grandes choses opérées par ce Mo-
narque avaient révélé aux étrangers les vastes ressources
du royaume , et la perfection avec'laquelle ses liabitans
pouvaient cultiver tous les arts et toutes les sciences. La
justice tardive qu’on rendait enfin aux Français dans toute
l’Europe a présidé à la composition de Ricci. Cet artiste a
représenté la France sous un costume moitié civil et
moitié militaire; elle foule à ses pieds l’Ignorance qui se
débat envain, et couronne la Vertu guerrière assise auprès
d’elle et appuyée sur une lance. Le Génie des beaux-arts,
armé de son flambeau, contemple cette scène avec admi-
ration. D’autres Génies versent sur la France les trésors de
l’abondance; un d’eux semble fixer le Temps qui laisse
reposer sa faux; quelques-uns portent les divers attributs
de la France; et l’on voit, dans le bas du tableau, plusieurs
accessoires relatifs aux sciences et aux arts.

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