Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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vorer d’un feu intérieur qui lui consuma les entrailles,
et l’enleva à sa famille en pleurs et à Cléopâtre, son
épouse, qui ne put lui survivre.

Le Brun paraît avoir suivi cette seconde version. Mé-
îéagfe, étendu sur un lit, tourne les yeux vers son épouse
éplorée; un Médecin cherche en vain la cause du mal
qui consume le Héros que plusieurs Chasseurs et plu-
sieurs Femmes entourent avec l’expression de la dou-
leur. Le dessin des figures est lourd , et Méléagre n’a
point un caractère héroïque; les jambes de cette figure
sont incorrectes ; mais la tête est peinte avec sentiment,
qualité qui manque à l’exécution générale de ce mor-
ceau. Le coloris en est meilleur que celui des Batailles
d’Alexandre, et rappelle encore la manière des Cara-
clies que Le Brun avait d’abord suivie. Les fonds sont
beaux, et quelques draperies bien étudiées; mais on s’a-
perçoit que Le Brun cherchait déjà sa seconde manière
qui fut l’époque où son pinceau parut dégénérer, et où son
talent ne se soutint que par la beauté et la grandeur des.
compositions.

Ce tableau, qui a 9 pieds 10 pouces de haut, sur 14
pieds et demi de large, faisait partie d’une galerie peinte
pour le duc d’Orléans, et qui contenait six morceaux
de l’histoire de Méléagre. Il fut longtemps oublié dans
les magasins des Gobelins d’où on le retira dans un état
méconnaissable. Il a été très-habilement restauré , et
semble n’avoir rien perdu de sa fraîcheur.
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