Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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coloriste, et parle du bel empâtement de ses couleurs ;
cette production ne peut justifier que bien faiblement de
pareils éloges; la touclie de Mazzola y paraît manquer de
nerf; et le coloris, quoique harmonieux, laisse à desirer
plus de vigueur et de fermeté.

On ne doit pourtant pas croire que ce tableau soit sans
beautés. On vient de parler de l’harmonie générale de sa
couleur, il faut ajouter que la plupart des caractères de
tête sont heureux, que le dessin , malgré sa faiblesse, est
d’un style élégant, et que les draperies et plusieurs accès-
soires sont touchés avec esprit ; enfin la facilité du
pinceau supplée en partie dans cet ouvrage à la force et à
l’énergie qui lui manquent.

Ce tableau, peint sur bois, a 9 pieds de haut sur 6 de
large ; il vient de Parme, et c’est le seul que le Musée pos-
sède de Mazzola.

Jérôme Mazzuoli, ou Mazzola, naquit à Parme, et fut
l’élève du Parmesan dont il était le cousin-germain. On
croit qu’une étroite amitié les lia d’abord, mais que des
circonstances que l’on ignore réfroidirent leur attachement
mutuel ; quoi qu’il en soit, Mazzola imita son maître, et
quelquefois il l’égala. L’étude du Corrège l’attacha plus
que celle des peintres de l’école romaine. Il produisit un
grand nombre d’ouvrages qui l’illustrèrent dans sa patrie;
mais sa réputation fut presque toujours bornée au pays de
Parme. On croit qu’il mourut, vers la fin du seizième
siècle, dans un âge avancé. Il laissa un fils nommé Ale-
xandre, qui mourut en 1608 sans avoir obtenu de grands
succès dans un art qui semble avoir été héréditaire dans
la famille des Mazzola, où l’on compte trois générations
de peintres.
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