Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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'Planche dix-huitième.— La Vierge, VEnfant Jésus et
S. Antoine de Padoue. Tableau de la galerie du Musée;
par le Dominiquin.

S. Antoine de Padoue est toujours représenté tenant
l’Enfant Jésus dans ses bras : le Dominiquin ayant à pein-
dre ce pieux Cénobite, se conforma à cet usage, mais en
homme de génie qui, dans les moindres choses, sait mon-
trer sa supériorité.

La Vierge, portée sur des nuages et soutenue par des
Anges, vient de confier son fils à S. Antoine qui le regarde
avec amour: jusques-là tout est commandé par le sujet;
mais ce qui n’est dû qu’au peintre , c’est l’intention char-
mante qu’il a donnée à cette tendre mère : ses regards
restent fixés sur l’Enfant, et elle veut encore tenir la dra-
perie sur laquelle il est couché ; c’est ainsi qu’elle se rassure
en voyant son fils en d’autres bras que dans les siens.
Cette heureuse idée serait plus sensible, si la scène se pas-
sait dans l’ordre naturel; mais combien ne doit-on pas
savoir gré à l’artiste d’avoir prêté à des personnages divins
une action qui, en les rapprochant de nous, les rend
intéressans de froids qu’ils auraient été dans une autre
composition.

Toutes les parties de ce tableau ne répondent pas égale-
ment au mérite de la pensée : la Vierge n’est pas d’un carac-
tère assez noble ; la tête du Saint est bien celle d’un moine
plein de ferveur, mais son expression est un peu outrée.
Quant à l’exécution, elle est soignée et spirituelle; le colo-
ris est chaud et fin; le dessin soutenu, sans être très-étudié.
Si l’on ne savait pas avec quelle perfection le Domini-
quin peignait les figures d’enfans, on pourrait s’en faire
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