Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche vingt-unième. — Le Christ en croix au milieu des
deux Larrons. Tableau de la galerie du Musée ; par
Rubens.

Nul doute que Rubens, né en Italie, entouré d’exceï-
lens modèles et plané à l'école de Raphaël, ne fût devenu
l’égal de ce maître; mais il naquit en Flandre, et dans un
temps où les peintres des autres écoles, malgré la réputa-
tion dont ils jouissaient, devaient bientôt lui céder le pre-
mier rang; il prit dès l’enfance le goût qui dominait dans
son pays, et la vue des chef-d’œuvres de l’Italie ne lui
servit qu’à acquérir de nouveaux moyens de faire excuser
les écarts d’une imagination fougueuse et d’un talent que
n’éclairait pas toujours le sentiment du vrai beau : aussi,
malgré l’admiration qü’inspirent ses ouvrages,la critique
y trouve-t-elle facilement de quoi s’exercer; il est même
nécessaire qu’elle s’attache à montrer les fautes que ce
grand homme a commises.

Dans cet ouvrage, l’un de ceux qui font le plus d’hon-
neur à l’école flamande, on remarque d’abord une dispo-
sition au moins singulière : toutes les parties du tableau
ne sont pas également remplies ; du côté du bon Larron
se trouve un grand espace vide, tandis que le mauvais
Larron semble manquer de place pour se mouvoir. Par
suite de la disposition principale, l’artiste a été obligé
d’éloigner de la croix du Sauveur, le groupe de la Vierge
qui est auprès de celle du mauvais Larron. Mais cette
composition gagne à être détaillée : le Christ, dont le corps
n’offre aucune trace de la douleur purement physique, et
dont la tête tombe avec tant de vérité et de calme, est d’uné
beauté de sentiment que Rubens lui seul a égalée dans son
12. Il
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