Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

Seite: 50
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1806a/0080
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
(50 )

Elévation en croix. Les souffrances violentes du mauvais
Larron , les efforts qu’il fait pour se détacher de la croix
et qui ont fait rompre le clou qui lui tenait le pied gauche,
forment une opposition effrayante, mais que le bon goût
condamne. Dans la figure du bon Larron, Rubens a
réuni l’expression de la douleur à celle de la confiance
que lui inspirent les promesses du Christ.

Le bas du tableau n’est pas d’un caractère aussi profond
que celui qu’on admire dans ces trois figures ; il semble
surtout que la "Vierge n’éprouve pas un abattement assez
grand , et qu’il serait naturel qu’elle s’évanouît.

Le dessin est d’un style ferme, hardi et savant ;
xnais il manque de noblesse; c’est le reproche qu’il faut
toujours faire à Rubens. Plus d’élégance dans quelques
parties eût rendu la figure du Christ parfaite ; celle du
mauvais Larron est un chef-d’œuvre de connaissances
anatomiques ; il est impossible de mieux rendre tous les
effets d’une contraction violente sur le corps de l’homme;
le torse de l’autre Larron est bien dessiné, mais le reste de
cette figure est faible.

La touche est partout vigoureuse et d’un ressort
admirable; la couleur a cette richesse, cette variété qui
font reconnaître le premier des peintres flamands: elle a
même, dans cet ouvrage, une vérité d’effet qui est pré-
férable au brillant, peut-être idéal, qui distingue plu-
sieurs autres productions de Rubens.

Ce tableau , dont les figures sont de grandeur naturelle ,
vient de l’église des Cordeliers à Anvers.
loading ...