Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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les mains, les pieds, les jambes, enfin toutes les parties
de cette admirable figure n offrent pas la moindre incor-
rection, et toutes sont du style le plus noble, le plus
élégant ; ce qui n’y est pas moins remarquable que la
pureté et le naturel des formes, c’est l’adresse et la fer-
meté du ciseau. Faut-il que des barbares ayent osé mutiler
cette statue pour y graver leurs noms ! Il n’y a que depuis
un certain temps qu’on prend en France les précautions
nécessaires pour conserver les chef-d’œuvres nationaux,
et Jean Gougeon n’a pas toujours été admiré autant qu’il
mérite de l’être. Tandis qu’à l’imitation des Italiens nous
nommions Michel-Ange, le premier sculpteur moderne,
nous laissions périr les ouvrages du seul artiste qui puisse
lutter avec lui et que, peut-être, à plus d’un titre, on pour-
rait lui préférer. Il faut avouer que de notre temps on a
mieux apprécié le talent de ce grand homme: on a mon-
tré un respect religieux pour les productions dont son
Ciseau a eu rie lit les parties clu Louvre où l’on est obligé

de faire des changemens, et l’on s’habitue même à voir en
lui le plus parfait des sculpteurs qui ayent paru depuis la
renaissance des arts; si, par l’effet de la partialité de nos
voisins, cette opinion n’est pas généraleen Europe, quelle
le devienne au moins dans le pays qui a vu naître Jean
Gougeon, et qui jouit de tous ses chef-d’œuvres!
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