Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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lieux séparés où les morts sont placés, et où l’air et la
lumière pénètrent par une lanterne particulière prati-
quée clans la voûte, ainsi qu’on peut le voir dans le plan
et dans la coupe.

Cet isolement absolu des cadavres, cette interposition
d une glace entre eux et la foule curieuse ne forment plus
de ce triste spectacle, qu’une espèce de tableau adouci,
que le sexe le plus faible, et que l’enfance même peuvent
considérer sans effroi. Plus d’émanations dangereuses
à craindre, plus d’odeur infecte ; la propreté entrete-
nue sur le pavement en pierre, l’exposition ries corps sur
des tables de marbre rassurent même l’imagination contre
toute idée de putréfaction; et l’on ne saurait donner trop
d’éloges à tout ce que cet arrangement bien combiné
offre de convenances pour le public, et pour les restes
malheureux exposés dans cette enceinte. C’est ainsi qu’un
local infect et dégoûtant est devenu un petit monument
dont la décoration simple annonce en quelque sorte l’u-
sage , et porte cependant avec elle un caractère de no-
blesse et de dignité dans un espace de terrein très-resserré.
Sa position sur le quai permet d’y transporter par eau les
corps trouvés dans la rivière; et son peu d’élévation re
sera jamais un obstacle à la vue, lorsque la démolition
des maisons du pont et du quai dégagera cette partie de la
ville , et embellira son aspect.

Un logement de concierge, un greffe et d’autres pièces
de service se trouvent aussi placées dans le même parallé-
logramme sans nuire à l’effet de l’ensemble; les tuyaux de
cheminées même, déguisés au dessus du toit sous la
forme de sarcophages, prouvent que l’architecte n’a né-
gligé aucun détail pour bien remplir son objet.

L. G .
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