Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche vingt-neuvième. — La Vierge} Wnfant Jésus;

S. Pierre, etc. Tableau de la galerie du Musée ; par le

•Guerchin.

Le Guerchin s’est borné à remplir, dans cette composi-
tion , l’intention du Donataire dont le portrait est placé
dans le bas du tableau. S. Pierre implore l’intervention de
la Vierge, en faveur de cet homme pieux, qui sans doute
le reconnaissait pour patron. L’Enfant Jésus semble accor-
der à sa mère la ginue qu’elle lui demande , et un Ange
indique au Donataire que c’est vers le ciel qu’il doit tour-
ner ses regards. Un Cardinal est placé derrière S. Pierre,
et l’on peut croire qu’il est de la famille de celui qui fit
faire le tableau, et pour qui il semble prier avec ferveur.

Les figures ont 5 pieds de proportion. Ce tableau a beau-
coup souffert, et la figure de S. Pierre est très-endom-
magée.

On retrouve, dans cet ouvrage, tous les défauts du Guer-
chin : l’effet général n’en a jamais dû être satisfaisant; la
couleur des chairs est matte, les ombres manquent de
légèreté, les fonds sont noirs. La tête de S. Pierre est bien
peinte, mais le dessin en est bizarre, et prouve que l’ar-
tiste a peu consulté la nature. La Vierge n’a pas des formes
assez gracieuses , et celles de l’Enfant Jésus sont roides et
incorrectes. La figure de l’Ange est d’un meilleur style. Il
y a beaucoup de vérité dans la tête du Donataire. La
grande fermeté du pinceau, fait le principal mérite de
cette production , la touche du Guerchin étant vigou-
reuse et large : c’est particulièrement dans les trois têtes
d’hommes qu’on retrouve cette qualité du maître.

On regrette toujours d’être obligé de juger sévèi'ement un

homme tel que le Guerchin j cependant il est indispensa-
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