Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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ble d’indiquer ceux de ses ouvrages qui sont au dessous de
sa grande réputation. Les malheurs qui quelquefois ont
accablé un artiste, disposent à l’indulgence pour les défauts
dont ils peuvent être la cause ; mais ceci ne peut s’appliquer
au Guercliin : cet artiste eut un sort heureux ; ses contem-
porains le placèrent sur la ligne des premiers peintres, et
de grandes richesses furent le fruit de ses immenses tra-
vaux. Les rois de France et-d’Angleterre le demandèrent
pour premier peintre, et le duc de Modène le logea long-
temps dans son palais, comme un ami à qui il voulait
ôter tout embarras domestique. Christine de Suède, l’ho-
norant d'une visite , lui prit la main, cette main qui, dit-
elle, opérait tant de merveilles. On raconte aussi que plu-
sieurs cardinaux étant venus dîner chez le Guercliin, ce
peintre leur donna un repas splendide, et fit faire les
fonctions de pages à douze de ses élèves.

Ce qui honore le Guercliin peut-être plus que les hom-
mages qu’il reçut de son vivant, c’est la régularité de ses
mœurs : des fondations pieuses, d’abondantes aumônes,
des secours offerts aux artistes infortunés, tel fut l’emploi
qu’il fit des richesses qu’il ne dut qu’à ses talens.
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