Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche trentième. —• S. Pierre. Tableau de la galerie
du Musée; par Philippe de Champagne.

Champagne n’avait pas un génie élevé; son goût était
sage, son talent vigoureux; mais il était dépourvu de gran-
deur, de chaleur et d’élégance. Il a cherché à suppléer à ce
qui lui manquait par les qualités qu’il puisa dans l’étude
de la nature : son dessin est ferme et rarement incorrect ;
son pinceau a de la force; son coloris est surtout très-beau
et réunit la vigueur et la simplicité. On doit aussi savoir
gré à cet artiste de s’être formé sur le goût de l’école fran-
çaise, et de n’avoir pas commis ces fautes grossières contre
les convenances qui dégradent presque toutes les produc-
tions flamandes.

Cette figure de S. Pierre, quoique l’un des moindres ou-
vrages dePh. de Champagne, justifie la plupart des obser-
vations qui viennent d’être faites. Il y a de l’expression
dans la tête, mais ce n’est qu’un véritable portrait; un
Apôtre, après son martyre, doit avoir un caractère au
dessus de l’humanité ; c’est ce que Champagne n’a pas
observé, quoique son intention ait été de peindre le chef
des Apôtres contemplant la gloire qui l’attend dans les
cieux, pour prix des souffrances qu’il a endurées sur la
croix. Du reste, cette tête a le mérite d’être exécutée avec
sentiment. Les draperies sont lourdes, et Champagne s’est
rarement montré savant dans cette partie essentielle de
l’art.
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