Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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.Planche trente-unième.— Le Christ foudroyant VHérésie.

Tableau de la galerie du Musée ; par Rubens.

La religion chrétienne ne semble pas convenir aux allé-
gories ; sa morale est trop simple et trop austère. Mais, dans
aucune religion et dans aucun temps, l’idée de cacher le
globe du monde sous la robe d’un moine, pour le préser-
ver de la vengeance céleste, eut toujours paru froide et
même ridicule.

Le Christ, armé du tonnerre, va du haut des cieux
Foudroyer l’Hérésie qui, sous la figure d’un Serpent,
symbole du mal, rampe autour de la terre. La Vierge,
à genoux devant son fils, implore sa clémence jet S. Do-
minique et S. François d’Assise s’exposent aux traits de
la foudre pour le salut du monde. Auprès d’eux, on
remarque plusieurs Saints qui invoquent aussi la misé-
ricorde divine: S. Sébastien portant à la main les flèches
dont il fut percé, S. Jérôme, en habits de cardinal, Sainte
Catherine, à genoux sur l’instrument de son supplice;
près d’elle S. Ambroise, archevêque de Milan, S. Paul,
reconnaissable à la physionomie sévère et énergique que
les peintres s’accordent à lui donner, Sainte Cécile, dé-
signée par l’orgue qu’elle tient, enfin une multitude de
Saints et de Saintes que ne distingue aucun attribut
particulier, remplissent jusques dans les lointains du
fond cette vaste composition. La figure de Dieu le
père est placée dans la partie supérieure du tableau ;
elle est d’une belle intention. Le Christ n’est plus ici
le Dieu de l’Evangile; ce serait un Jupiter tonnant, s’il
avait plus de noblesse. Sans examiner si le peintre n’a
pas eu tort de donner cette expression au fils de Dieu 9
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