Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche trente-troisième. — Ossian ; par M. Gérard.

La poésie des Calédoniens est sauvage et mélancolique
comme les climats qu’ils habitaient. Des montagnes cou-
vertes d épais frimas, un ciel nébuleux, la chute des
torrens, les hurlemens des dogues, le souffle des vents
dans les bruyères et dans les tours désertes, enfin l’appari-
lion des ombres errantes dans des palais de nuages, tels
sont les objets que reproduisent sans cesse les chants des
Bardes, et qui font presque le seul charme des poésies
d’Ossian, le plus célèbre d’entre eux. Les héros de l’Ho-
mère écossais ne seront sans doute jamais pour les beaux-
arts ce qu’ont été et ce que seront toujours les guerriers
du siège de Troie : cependant les artistes ne doivent pas
négliger de puiser, dans les poésies du Nord, quelques
sujets qui peuvent donner de la variété à leurs pro-
ductions.

M. Gérard, chargé de traiter un sujet d’Ossian, a choisi
le vieux roi de Morven pour principale figure de sa
composition, et l’a entouré de plusieurs personnages qu’il
a célébrés.

Ce poète aveugle, assis au bord d’un torrent, chante la
gloire de ses aïeux et des héros calédoniens, en s’accom-
pagnant sur la harpe d’or des anciens Bardes. A ses pieds
repose la lance qu’il maniait avec tant de valeur dans
sa jeunesse. Les ombres des guerriers et de leurs amantes
ont abandonné leurs palais aériens, et, portées douce-
ment sur des nuages , se sont rangées autour de lui pour
entendre ses chants héroïques : il ne peut jguir de leur \
vue, mais, à leur approche, ses cheveux se hérissent
sur sa tête. L’ombre de Tingal, son père, dont le casque
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