Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche trente-quatrième.*—Jésus-Christ portant sa croix.

Tableau de la galerie du Musée ; par'Van Dyc.k (*).

Le Christ succombe sous le poids de sa croix que
Simon cherche à soutenir; des Bourreaux veulent le
relever pour le forcer de marcher ; l’un d’eux va le frap-
per d’un bâton armé de pointes de fer, et le Chef des
soldats qui l’environnent montre le chemin qu’il faut
suivre. Marie, tombée à genoux, verse des larmes à
l’aspect des horribles souffrances que son fils endure.

Cette composition est conçue simplement ; et, quoique
les figures soyent très-resserrées dans le champ du ta-
bleau , il n’y a pas de confusion dans l’effet.

La tête de la Vierge a l’expression de la douleur la
plus profonde; et l’on doit admirer l’immobilité où l’artiste
a représenté une mère que le désespoir accable. On re-
procherait à Van Dyck d’avoir donné au Christ une
attitude ingrate, si on ne s’apercevait que voulant que
la tète produisît un très-grand effet, il lui a sacrifié tout
ce qui l’entoure.

On peut dire , quant à la correction du dessin , que
dans ce tableau Van Dyck a surpassé B ubens. Dans la
tête de la Vierge et dans celle du Christ, il n’est pas in-
férieur , pour la noblesse des caractères, aux meilleurs
maîtres italiens. Quant au nerf de l’exécution, au moel-
leux du pinceau, à l’empâtement des couleurs , il est
resté au dessous de lui-même; cependant, sous ces divers
rapports, cette production est un ouvrage sur lequel

(*) C’est par erreur que te Graveur de lettres a substitué, sur
la Planche, le nom de Rubens à celui de Van Dyck.
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