Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche trente-septième. — I? Annonciation, Tableau de
la galerie du Musée ; par Fra-Bartolomeo.

Jamais composition ne fut plus bizarre que celle de ce
tableau. La Vierge, dans une niche, est assise sur un
trône au pied duquel sont rangés en cercle, S. Jean-
Baptiste, S. Paul apôtre, S. Jérôme, S. François d’Assise
et deux Saintes à genoux, dont l’une est peut-être la Ma-
deleine, à en juger par le vase de parfums qu’elle tient
dans ses mains. C’est en présence de ces divers person-
nages que Marie apprend de la bouche d’un Ange qui
descend du ciel, qu’elle doit enfanter le Sauveur du
monde. Le Saint-Fisprit, placé au dessus de la Vierge j
laisse tomber sur elle un rajon de la gloire céleste.

Il faut qu’un ouvrage renferme bien des beautés pour
faire oublier des inconvenances aussi choquantes. Le pre-
mier mérite de celui-ci est dans la vigueur de l’effet gé-
néral et dans le relief que présentent les figures. Les
draperies, peintes largement, sont ajustées d’une manière
savante. Ou désirerait plus de légèreté dans les tons des
chairs. Le dessin de Bartolomeo est faible dans les nus,
mais l’ensemble de ses figures est presque toujours d’un
bon style. Il a donné à chaque tête d’hommes le carac-
tère historique qui lui convient ; le trait de ses têtes
de femmes est pur et gracieux, et rappelle les obligations
que ce peintre eut à Raphaël; obligations dont il s’ac-
quittait par les conseils qu’il donnait en même temps à
ce grand ai’tiste, jeune encore et imbu des défauts du
Pérugin. Il est honorable pour Bartolomeo d’être, après
Michel-Ange, le peintre de qui Raphaël apprit davan-
tage. Mengs,qui a étudié, avec un soin scrupuleux, là
marche des progrès de Raphaël, s’exprime ainsi à ce
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