Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

Seite: 99
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba1806a/0153
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 99 )

scrits des vêtemens qui ne sont pas les nôtres. Qu’on dé*
couvre , dans plusieurs siècles , cet ouvrage enfoui sous
les débris d’un de nos monumens, ne pourra-t-il pas trom-
per la science de quelque antiquaire, qui, sur la foi du
costume, y voudra trouver la représentation d’un trait de
l’hisloire romaine? Car, malgré les soins que l’artiste a pris
pour imiter les armures gauloises, il n’a pas observé un des
caractères distinctifs des anciens habitans de la France;
les sculpteurs grecs et romains représentaient les Celtes et
les Germains avec des cheveux plats et des traits parti-
culiers , dont la figure connue sous le nom du Gladiateur
mourant, nous a conservé le type.

Après cette critique légère, il est nécessaire de faire sen-
tir quelles sont les raisons que M. Moitte peut apporter pour
justifier le parti qu’il a adopté. Elles doivent avoir d’autant
plus de force qu’elles sont favorables à l’art. i.° Le costume
moderne ne laisse pas à l’artiste la faculté de travailler le
nu, et ôte aux formes toute leur délicatesse. z.° Il manque
de draperies volantes ; et voici ce que dit Winckelmann
à ce sujet : « L’ornement est à l’élégance ce que la beauté
« est à la grâce. L’élégance n’est pas dans l’habillement
u même; et l’habillement ne devient élégant que lorsqu’il
« a été assorti par les mains du bon goût. L’élégance pour-
« rait être nommée aussi la bonne grâce de l’ajustement,
ce qui ne peut se dire pourtant que de la draperie de
« dessus, ou du manteau, parce que cette partie de l’ha-
« billement pouvait être jetée à volonté, tandis que la tu-
<,<, nique, ou l’habit de dessous devait suivre la direction du
« manteau et de la ceinture pour concourir à la disposition
des plis. Il résulte de là, que cette marche raisonnée
« des plis peut être assignée, à bien plus juste titre , à la
•«< draperie des anciens qu’à celle des modernes ; car les
loading ...