Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche quarante-huitième.— La mort d} Annibal; par
M. Le Mire jeune.

Annibal naquit à Carthage, Fan 246 avant J. C., d’A-
milcar, général célèbre, qui lui fit jurer, à l’âge de 9 ans,
une haine éternelle contre Rome. Aucun serment ne fut
gardé avec plus de constance ; et si tous les- talens militai-
res et tous les talens politiques réunis dans un seul homme
avaient suffi pour triompher des Romains, Annibal eût
anéanti ceux qui, malgré ses efforts , devaient enfin
asservir le monde entier. Elevé dans les camps avec
Adrusbal et Magon , ses frères, comme lui destinés à
faire trembler l’Italie , dès l’âge le plus tendre, il fut pré-
sent à toutes les batailles que livraient les Carthaginois, et,
malgré cette vie militaire, il cultiva son esprit qui n’avait
pas moins de finesse que de profondeur. Nommé, à 26 ans,
général de l’armée que Carthage avait en Espagne , il
assiégea et prit Sagonte, alliée des Romains, à dessein de
rallumer la guerre entre les deux républiques. Ayant
pourvu à la sûreté de l’Afrique et de ses colonies, il part de
Carthagène à la tête de 5o,ooo fantassins et 9,000 cavaliers
pour envahir l’Italie. Il avait 400 lieues à faire: ni les
troupes qu’on lui oppose, ni la difficulté du terrein, ni les
fleuves, ni l’immense hauteur des Alpes qu’aucune armée
n’avait encore traversées, rien n’arrête sa marche. Il pé-.
nètre en Italie avec une armée diminuée de près de moi-
tié, mais extraordinairement aguerrie. « On a, dit Mon-
tesquieu, le plus beau spectacle que nous ait fourni
l’antiquité, quand on examine cette foule d’obstacles qui
« se présentèrent à Annibal, et que cet homme extra or-.
45 dinaire surmonta tous. » Il prend Turin, bat P. Scipion
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