Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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une sage politique, de réparer les désastres de son pays.
Cartilage recouvra sa splendeur sous son administration ;
les Romains s’en effrayèrent ; il redouta leurs intrigues et
l’ingratitude de ses concitoyens , et fut forcé de se - rer
à la cour d’Antiochus^roi de Syrie, ennemi des Romains,
Annibal lui donna des conseils qui pouvaient être utilesj
iis ne furent pas suivis, et Antioclius fut vaincu. Les
Romains demandèrent qu’Annibal fût remis en leurs
mains j il l’apprit, et se réfugia chez Prusias, roi de Bithi-
nie : celui-ci lui eut de grandes obligations et ne l’aban-
donna pas moins dans la suite à la fureur des Romains ,
qui semblaient devoir trembler tant qu’Annibal respire-
rait. Il apprit qu’il allait leur êti’e livré j désespérant de leur
trouver de nouveaux ennemis , il résolut de terminer sa
carrière. «Délivrons Rome de la terreur que je lui inspire,
« dit-il. Ce jour fait voir combien les Romains ont dégé-
néré: leurs pères eurent la générosité de prévenir Pir-
« rlius de se précautionner contre un traitre qui menaçait
« sa vie; et ils ont la lâcheté d’engager Prusias à faire
« mourir son hôte et son ami. » Il but alors un poison
subtil que par précaution il portait toujours sur lui. Il était
âgé de 64 ans. Il laissa la réputation du plus grand géné-
ral qui eût existé jusqu’alors.

M. Le Mire jeune a représenté la mort de ce grand
homme. Annibal, renfermé dans sa chambre, entend les
soldats romains qui viennent pour se saisir de lui ; sa
demeure est investie; et, pour mieux faire sentir le danger
qu’il court, l’artiste a fait voir dans le fond le haut des
aigles romaines. Annibal n’a plus qu’un moment : il
repousse les supplications d’un Esclave qui le prie à ge-
noux de ne pas boire le fatal poison ; puis , approchant la
coupe de ses lèvres, il semble prononcer les paroles qu’on
yieat de rapporter.
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