Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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( i°7 )

Planche cinquantième. — Mariage de Sainte Catherine.

Tableau de la galerie du Musée ; par Pietre de

Cortone.

Pietre de Cortone n’aimait que les grands ouvrages, et
l’on assure qu’il ne faut pas le juger sur ses tableaux de
chevalet; cependant celui-ci a un mérite particulier;
le dessin en est élégant, le coloris vigoureux, et les car-
nations ont beaucoup de fraîcheur. Les deux tètes de
femmes sont d’un caractère gracieux et coiffées avec goût.
Quant aux draperies, elles sont d’une ampleur affectée,
et les plis en sont lourds et maniérés. Les figures sont de
grandeur naturelle.

Aucun artiste, en commençant sa carrière,n'eut peut-
être plus d’obstacles à vaincre que Pietre de Cortone. On
doit rapporter un trait peu connu de sa vie; il fera sentir
aux jeunes gens si prompts à se décourager, qu’il n’est
pas d’épreuve à laquelle la fortune n’ait mis quelquefois
l’homme qu’elle a ensuite comblé de ses faveurs.

Pietre, à 12 ans, sans argent, sans appui, sans espoir,
quitta Cortone, et se rendit à Florence pour s y livrer à
son penchant pour la peinture. Manquant de tout, il va
trouver un petit Marmiton, son compatriote, employé
dans la maison du cardinal Saclietti : le malheureux
domestique l’accueille avec joie, partage avec lui la paille
sur laquelle il couche, et, pendant deux ans, le nourrit des
restes qu’il dérobe à la cuisine. Tel fut le premier pro-
tecteur de Pietre de Cortone qui, mettant ses bienfaits à
profit, travailla sans souci, et remplit bientôt de dessins
le galetas de son hôte. Souvent il faisait provision de
pain, et allait étudier au loin; si la nuit le surprenait, il
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