Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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( II» )

afin de pouvoir faire inhumer sa dépouille. Ce trait tou-
chant de piété filiale paraît n’avoir fait aucune impres-
sion sur les Athéniens ; car Cimon, après avoir langui
quelque temps dans les fers, ne recouvra sa liberté qu’en
mariant sa sœur Elphinie à Callias, qui paya pour lui
les 5o talens que devait Miltiade. On doit aussi remar-
quer que Cimon fut, comme son père, victime de l’in-
gratitude de ses concitoyens qui le bannirent d’Athènes,
malgré les grands services qu’il leur avait rendus.

Le tableau de M. Devosge est composé très-sagement:
Cimon se présente dans la prison de son père au mo-
ment où deux Gardiens vont transporter le corps; le
Geôlier met au Fils les chaînes qui retenaient le ca-
davre du Père. Elphinie est appuyée sur son frère, et
laisse couler ses larmes à la vue des fers dont on le
charge. Dans le fond, une Suivante tient une couronne
de laurier qui rappelle la gloire de Miltiade.

Ce tableau ne s’est pas moins fait remarquer au Salon
de cette année, par le choix heureux du sujet que par
le mérite de l’exécution. Il prouve que son auteur a
profité de l’étude des grands maîtres. Les attitudes sont
simples, les ajustemens d’un bon goût, et le dessin a de
la pureté et de la noblesse. Il est fâcheux seulement
que l’effet général n’ait pas autant de vigueur que d’har»
monie.

Les ligures sont de grandeur naturelle.
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