Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche cinquante-huitième. — Prise dyune ville dont les
habitans sont emmenés en esclavage. Carton de la galerie
du Musée ; par Jules Romain.

La France ne possède de Jules Romain aucune pro**
duction qui puisse mieux que ses Cartons faire connaître
le génie du plus célèbre des élèves de Raphaël. Ils lui
furent demandés, suivant quelques-uns, par le duc de
Mantoue, son protecteur, qui les envoya à Bruxelles, pour
être exécutés en tapisserie.

Un dessin tracé à la pierre d’Italie ou à l’encre de la
Chine,quelquefois lavé et colorié à l’aquarelle,constitue
l’exécution de ces sortes d’ouvrages dont les teintes fai-
bles n’offrent rien fie séduisant à l’œil. Il faut même
surmonter ce que leur aspect a de désagréable avant de
pouvoir en apprécier le mérite. Les plus grands peintres
n’ont pas dédaigné ce genre de travail, et Jules Ro-
main, en s y livrant, ne faisait qu’imiter Raphaël donl
les cartons furent de même exécutés en tapisserie à Bru-
xelles , sous la direction de Van Orlay, l’un de ses élèves.
Le roi d’Espagne avait demandé à Rubens de semblables
dessins pour le même usage ; mais ce peintre n y trou-
vant pas l’occasion de se livrer au charme de la cou-
leur , engagea J. Jordaens, son disciple, à se charger de
cette besogne que le Monarque paya généreusement.

Si, avec des talens bien supérieurs à ceux qui sont
nécessaires à ce genre de dessin , un homme a ja-
mais dû réussir à le traiter, c’est Jules Romain, dont
la fougue, la fécondité, le st3de toujours un peu barbare,
ne s’astreignaient qu’avec peine aux règles sévères d’un
goût pur: aussi, dans ces cartons où son génie se trouvait,
pour ainsi dire, à l’aise, on admire la grandeur, la cor-
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