Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche soixantième. —— Le Christ sur la croix ; entre les

deux Larrons. Tableau de la galerie du Musée; par

Van Dyck.

Quelques personnes ont prétendu que Rubens, jaloux
de Van Dyck, et craignant d’être surpassé par lui,
l'avait engagé à quitter le genre historique pour s’a-
donner entièrement au portrait. Rubens ne pouvait être
jaloux d’aucun de se3 contemporains, et d’ailleurs.son ca-
ractère connu, repousse suffisamment cette accusation.
Pour se confirmer dans l’idée qu’il ne pouvait craindre
d’être effacé par son élève, il ne faut qu’examiner les ta-
bleaux que celui-ci nous a laissés : on y remarque sans
doute des qualités éminentes, et même du génie ; cepen-
dant il est évident que ces morceaux sont bien au des-
sous des principales productions de Rubens. Loin d’ac-
cuser le Maître de jalousie, on doit le louer d’avoir su
prévoir que son élève ne marcherait jamais que sur la
seconde ligne dans le premier genre de la peinture;
mais qu’il était appelé à élever un genre inférieur jus-
qu’au sublime de l’art, et à se placer ainsi à côté des
plus grands maîtres. L’on peut donc avec justice attribuer
les succès éclatans de Van Dyck aux conseils de Rubens.

Ces réflexions viennent d’autant plus à propos que ce
tableau d.e Van Dyck est l’un de ceux qui justifient le
moins la réputation qu’on a voulu lui faire dans le genre
historique. La composition est entièrement empruntée
de Rubens même, comme on peut s’en convaincre en
recourant à la page 49 de ce volume, où l’on rend compte
d’un Christ entre les Larrons, par ce maître. Van Dyck a
plutôt augmenté que corrigé les imperfections qui se
trouvent dans l’ouvrage qu’il a imité;son dessin n’est pas
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