Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 12.1806 [Cicognara Nr. 3401-12]

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Planche soixante - unième. — Le Christ au tombeau.

Tableau de la galerie du 'Musée ; par Rosso.

Rosso, connu en France sous le nom de Maître Roux,
entreprit de se faire un style particulier, en imitant à la
fois les beautés de Michel-Ange et celles du Parmesan ; le
mélange qu’il fît des deux manières n’aurait pu être heu-
reux qu’autant que Rosso eût uni à l’étude de ces maîtres,
celle de la nature ; mais la vivacité de son génie impatient
le fit toujours travailler de pratique, et l’on voit trop, dans
ses ouvrages, qu’il est moins savant qu’il ne veut le pa-
raître , et qu’il cherche plutôt la grâce qu’il ne la ren-
contre.

Le ton violâtre répandu sur ce tableau en rend l’aspect
désagréable ; la touche en est facile, mais peu moelleuse ;
les plis des draperies sont maigres. Le dessin a un certain
caractère de grandeur qui plairait davantage si l’artiste ne
s’était attaché à faire étalage de la science anatomique qu’il
ne possédait qu’imparfaitement. Il y a de la noblesse dans
les airs de tête et de l’énergie dans les expressions.

Les figures sont de grandeur naturelle.

Rosso naquit à Florence, en 1496. Son éducation fut
très-soignée , cependant il paraît que dans la peinture il
n’eut aucun maître particulier. Il travailla quelque temps
en Italie, et il jouissait à Rome d’un sort heureux, lorsque
les troupes du connétable de Bourbon ravagèrent cette
ville. Il fut emmené captif par des soldats allemands qui
lui firent porter le butin qu’ils avaient fait dans sa propre
maison. Etant parvenu à s’échapper de leurs mains, il se
rendit à Venise ; il y resta jusqu’au moment où sa répu-
tation engagea François I.er à l’appeler en France. Rosso
était bon peintre, bon architecte, et possédait en outre
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